Granit' Montana, ça c'est du vtt !

Publié le par Taufflards Team

un petit CR de cette fabuleuse rando-extrême à laquelle je participais pour la 2è fois, en compagnie de cyril et david.

rendez-vous était donné à st sylvestre pour un départ prévu à 8h50 pour 38 kms (ça suffit LARGEMENT) de pur vtt.

un peu d'attente en raison d'un concurrent, potentiel vainqueur, qui a eu la malchance de casser sa patte de dérailleur avant même de partir. il fait pas chaud dans le pays, d'autant que le vent du nord se fait très présent. l'organisation lui règle son problème et c'est parti pour le circuit de 75kms.

ça part très vite et on se dit qu'on est bien content de pas faire le même sport, parce qu'on n'aurait pas tenu 300 m à ce train là.

nouvelle attente avant le départ du 55 kms puisque dans la première descente, un concurrent du 75 se retrouve au tas après à peine 2 kms de roulage. évacuation par les secouristes, puis départ, enfin, du 55. bon courage les copains (janox en tête, qui finira avec une seule plaquette à l'arrière ! accompagné de Manu qui ne finira pas, dérailleur HS au bout de 16 bornes, ainsi que greg et remi qui finiront, mais plus tard).

ah ! 9h05, on y pète ! enfin!

autant vous dire que ça démarre moins fort que pour les 2 circuits chrono. une ambiance bon enfant, quelques encouragements et déjà je ne vois plus david et cyril. ça commence bien, va falloir chasser d'entrée.

ben non, ils sont derrière, sagement vautrés au milieu de la troupe.

un petit groupe a déjà pris les devants, quelques centaines de mètres d'avance et déjà la première descente et le premier bouchon.

je tente un passage sur le vélo mais comme à son habitude celui-ci refuse l'obstacle. résultat, je dérape et fini ma course, juste pour faire chier ceux qui me suivent, dans un fourré. bref, on passe à pieds. ch'uis pas chaud.

on comprend mieux pourquoi ça bouchonnait, un pilote se retrouve à l'horizontale avec un membre de l'orga qui lui soutien les cervicales. ça n'a pas l'air d'aller super fort pour lui et on espère que cela ne soit pas grave.

deuxième salve de sirènes. ça part fort cette année encore niveau blessés.

je poursuis mon chemin et tente de rejoindre cyril, david et olive qui m'ont mis la misère dans cette première descente.

je prends un bon rythme et en 5 minutes, quand même, je les rejoints puis les dépasse dans une grande montée qui dure, qui dure,...ça commence déjà à me tirer sur la couenne le bordel. va falloir voir à baisser d'un ton si je veux finir.

par précaution, j'ai oublié de régler mon compteur, ça sera moins angoissant dans une heure quand je verrai s'afficher "8 kms".

ça grimpe toujours, puis d'un seul coup, 2è descente ! euh...ben non. à pieds encore une fois, avec une nouvelle glissade. ça risque d'être long si je passe toutes les descentes comme ça. va falloir se faire violence mon poulet que je me dis. mais je me connais bien et je sais que je vais pas en faire beaucoup sur le vélo d'autant que normalement avec la fatigue, j'aurais de moins en moins envie d'y mettre les pneus dans ces putains de saloperies de descentes.

et on remonte, encore et encore.

c'est que le début, d'accord...mais si ça continue, ça va pas durer.

je prends mon mal en patience, les copains m'ont largué encore une fois. mais je réussis à les rejoindre. je commence à payer, au bout de 6 kms, la première montée. le souffle se fait court.

on roule comme ça, alternant les montées dantesques avec les descentes vertigineuses jusqu'au premier ravito, que l'on atteint après presque 2 heures de rando.

cyril a chuté dans une descente facile mais très glissante en raison d'un grand nombre de tous petits cailloux. ça a l'air d'aller, mais...

cerise sur le gâteau avant ce merveilleux et roboratif ravitaillement, une descente faramineuse où j'aurais voulu voir passer les copains. parce que même à pieds, j'ai eu beaucoup de mal à descendre, alors en vélo !

on mange, on boit, on se repose un peu. un bon quart d'heure plus tard, on reprend notre périple. je commence à avoir mal aux jambes, et on n'a fait que 16 kms ! oh pétard !

grande côte roulante mais usante, puis descente rapide mais avec des ornières ou plutôt des crevasses où je manque de m'étaler plusieurs fois. virage serré à droite pour remonter aussi sec. faut anticiper, y a pas .

tiens les copains sont arrêtés. 1ère crevaison du jour. n'étant pas très bien, je décide de ne pas m'éterniser et repart sur un rythme pépère. ils me reprendront au bout de quelques kms. je roule une bonne partie seul en essayant de m'économiser un max. en bon fonctionnaire, je me débrouille plutôt bien dans ce domaine.

les copains me reprennent une nouvelle fois et je me dis que ça va être la curée, quand ils vont partir, je ne les reverrai plus. tant pis, je le savais déjà.

ils prennent quelques encablures d'avance mais à la faveur d'une crevaison lente de cyril, je les reprends une nouvelle fois. je ne m'attarde pas là non plus et continue mon chemin au rythme de la transhumance. à partir de ce moment là, je roulerai la plupart du temps tout seul. je ne reverrai plus les copains qui vont de problèmes techniques en problèmes techniques.

toujours le même profil, on monte, parfois avec le vélo sur le dos. je ne sais pas si quelqu'un a réussi à grimper certaines côtes, mais je dois avouer que si c'est le cas, alors là, chapeau, parce que c'est vraiment très, très pentu.

grimper ce dénivelé avec un vélo sur le dos, je vous assure, ça fait mal aux jambes. je commence à sentir quelques douleurs dans les gambettes qui s’apparentent à des débuts de crampes. ça va être très difficile de terminer dans ces conditions.

et ça continue de grimper et descendre. montagnes russes limousines dans toutes leurs splendeurs. il fait chaud mais sans plus, heureusement.

tiens quand j'aspire un peu d'eau du camel back, ça fait un bruit bizarre, comme si, oh putain, je suis à sec ! plus une goutte. là, ça va être encore plus difficile. comme si ça ne suffisait pas, les crampes s'y mettent à leur tour.

à vue de nez il doit rester encore une 15 aine de bornes et pas de ravito en vue. ça craint.

j'ai beau mouliner et pédaler en souplesse, les crampes sont toujours à l'affût.

ça tabasse toujours autant, en descente comme en côte. rares sont les moments de répit.

je me surprends depuis quelques kilomètres à passer de mieux en mieux les descentes. je vais même jusqu'à tenter des descentes que je n'aurais pas oser faire en temps normal. plus lucide ? sans doute.

finalement, ça devient de plus en plus amusant dans ces descentes, le terrain étant vraiment fait pour ça. ça glissouille, ça grippe bien, ça dérape parfois mais sans décrocher.

je commence vraiment à profiter un max de ces descentes.

de temps en temps je double un concurrent, ou je me fais dépasser, c'est selon.

un jeune concurrent du 55 semble en difficulté à l'abord d'une petite descente. je m'arrête 2 minutes pour discuter avec lui et en profite pour lui demander où nous en sommes du kilométrage.

il me dit, à ma grande surprise qu'on en est à 34 kms au compteur, déjà.

QUOI ? j'aurais raté le ravito alors ! merde, ça va devenir critique pour l'eau que je n'ai plus.

je repars dans une descente où je n'aurai pas cru pouvoir passer il y a de ça 2 h30. faut croire que je progresse ou que je perds de la lucidité.

et ça continue. encore une putain de grimpette qui dure, qui dure. presque aussi longue qu'une journée de travail. j'arrive au sommet les club sandwich, greg et rémi partis sur le 55, me doublent j'essaie de m'accrocher malgré les crampes. je tiens un petit kilomètre puis à la faveur d'un replat, je décide de m'arrêter pour faire quelques étirements, ingurgiter un peu de potion magique et boire. ah bordel, j'oubliai: j'ai plus d'eau. cette fois c'est sûr je vais crever.

je pense, à tort, que david et cyril vont me rattraper. mais au bout de 5 minutes, je décide de repartir.

ça grimpe encore, puis ça redescend. je réussi à rester sur le vélo quasiment à chaque descente maintenant. je ne suis pas peu fier. je m'étonne de plus en plus.

arrivé en bas, tout au fond , on roule dans le lit d'une rivière. l'idée saugrenue me vient soudain de me rouler dans l'eau afin de me rafraîchir. je regarde derrière moi : personne. oh putarole, je vais plonger. je vais m'y fourrer jusqu'au cou et rester là à attendre la fin des temps. allez, j'y vais, et....merde v'là quelqu'un.

je remets ça à une autre fois.

ça repart; et ça grimpe encore. je dois pas aller très bien car j'entends les trompettes de Jéricho. c'est mauvais signe ça. ou alors, j'ai comme qui dirait des turbulences gastriques.

je sais pas, je sais plus. j'ai soif, je me meurs ! arrrggghhh !

tiens un panneau. keskiétécri ? "côte du ravito" ! hhhhhhaaaaaaaa ! je revis. bientôt, à moi les poulardes dorées, le saucifflard dans la miche de pain blanc, et une carpe farcie, une !

je me doute bien que ces petits farceurs de l'ambazac sprinter club nous ont réservé une surprise avant ce ravito, et là, faut bien avouer que pour y arriver, va falloir se battre.

ça grimpe encore et encore et encore et j'ai toujours soif. c'est pas bon d'avoir des idées fixes. je décide de penser à autre chose. tiens, un bon petit pomerol avec des ortolans.

non très mauvais pour le moral ça. ça y est, je sais: je me refais la liste des verbes irréguliers qu'on apprenait en classe de 3ème. to drink, drank, drunk...mauvaise idée aussi. ça tourne à l'obsession.

tiens une dame ? kékéfélà ? elle me dit un truc; comprends pas. une réfugiée kosovar sans doute.

tiens un monsieur avec un p'tit garçon. oh, des gens allongés dans l'herbe...et puis, oh, des mecs en tutus moulants qui mangent et qui boivent...

ben faut croire que ça y est, j'y suis à ce foutu ravito qu'on nous promet depuis 2 heures.

greg et rémi sont assis dans l'herbe. ils sont déjà attablé, voire accablé pour rémi qui n'a pas l'air dans son assiette. c'est un comble pour un ravito.

je me jette sur le premier truc venu : des chips, du saucisson, un morceau de banane. euh, ça se sont mes gants mon vieux, me dit un gars.

et qu'est-ce qu'ils font dans ma bouche ?, réponds-je du tac-au-tac.

ah on s'amuse bien !

bref, quelques jours plus tard, après avoir fait le plein en eau, nous repartons avec greg et rémi. rémi est HS, mais il lui reste encore 20 bornes à faire. je les aurai bien accompagnés mais j'ai peur de gêner alors à la bifurc du 38/55, je poursuis mon périple, seul et fonce (!) vers l'arrivée. restent que 3 kms. ça devrait se faire en,...(rapide calcul), 1/2 heure ! oh putain ! ça va être TRES long.

j'arrive dans l'ultime descente, celle dénommée 'castor'. je passe les premières difficultés sans m'en rendre compte. faut croire que le pilote auto est branché, j'y comprends plus rien.

je passe toutes les difficultés sans autre forme de procès, sauf ce qui m'apparait comme une marche ENORME où je m'enfonce jusqu'à mi-cheville dans la terre meuble en mettant pied à terre. la vache, c'est mou par ici !

j’entends un cri derrière moi. un concurrent arrive bille en tête. je me gare et le laisse passer. je repars tranquillou. c'est plus la peine de forcer mon talent, on est presque arrivé. il reste moins de 2 bornes soit 20 minutes (snif !).

je termine tant bien que mal la descente castor et reprend la grimpette vers le but ultime quand arrivent deux nouveaux concurrents (plaque 2 et 3). je laisse passer, les mecs me remercient, j'en crois pas mes oreilles.

je repars, peinard. dernière petite descente et comme annoncée sur le panneau, dernière grimpette, la OUFFFFF !!!!!

je jette un rapide coup d'oeil vers le haut mais on ne voit pas le bout.

j'entre dans la frondaison et j'entends à nouveau derrière moi le souffle rauque de 3 concurrents qui me dépassent en coup de vent; ça fait du bien un peu d'air...

je continue, prenant mon mal en patience. cette côte est très rude pour les jambes car faite de gros blocs de granit arrondis qui ne sont pas disposés à nous laisser monter aussi facilement qu'on voudrait.

je monte au rythme de l'escargot courant vers sa salade, mais de salade point encore. tout juste entend-on la voix suave du speaker qui annonce que les premiers concurrents du 75 sont déjà là. ceux qui viennent de me doubler quelques minutes plus tôt.

ah ouais ? ils ont coupé par où ? c'est dingue ça, ils avaient 2 fois plus de bornes et ils mettent seulement une demi-heure de plus que moi. mais comment font-ils ? c'est suspect tout ça;

enfin, j'arrive sur la route, il reste seulement 50 mètres à faire pour en terminer avec ce raid magnifique. je ralentis l'allure, si c'est encore possible, afin de bien en profiter.

les copains ne m'ont pas rejoint. je commence à être inquiet. il ne faudrait pas qu'il leur soit arrivé quelque chose.

je passe la ligne et vais directement remercier stéphane puis aurélien, les 2 responsables de cet enfer.

je vais ensuite près de la ligne d'arrivée et m'étends pour récupérer et attendre mes acolytes.

quelques minutes plus tard, on s'en fout de savoir combien, david et olive arrivent. mais pas de cyril.

david me dira qu'il a baché au 2è ravito après avoir beaucoup galéré avec ses pneus.

nul doute qu'il reviendra prendre sa revanche l'année prochaine.

on va se changer, puis direction le manège carré et la cantoche.

après tout ça, on a bien mérité une petite bière, non ?

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Rémi 07/07/2014 12:24

"rémi est HS" => Je vois que tu es un fin observateur, mais bon Greg étant tenace, il a réussi à me traîner sur les 20 km restants (ça et la perspective de pas me faire pourrir pendant un an :D). En tous cas bon petit CR, je me suis bien marré (moins quand j'étais sur le vélo) mais on reviendra quand même l'année prochaine !!

seb 09/07/2014 20:03

yep, j'étais encore 'achement lucide à ce moment là !
bravo à toi d'avoir fini. pendant un moment, j'ai cru qu'il allait falloir te porter. là, j'ai eu peur...
bien entendu qu'on y sera l'année prochaine !

seb 17/06/2014 12:12

j'oubliai : si je descend la plupart du temps à pattes, c'est parce que je ne suis pas un vrai Taufflard.
j'ai en réalité été adopté, il y a de ça plusieurs années dans des circonstances que la pudeur m'interdit de raconter ici. la génétique ne ment pas !
mais j'y travaille, j'y travaille. l'année prochaine, je serais là et on verra bien qui de moi ou la machine aura le plus peur de l'obstacle !

bast92 17/06/2014 12:11

Excellent ton CR, qu'est ce que j'ai ri :-)
Bravo à toi d'avoir tenu jusqu'au bout, sans eau en plus !

seb 17/06/2014 12:09

merci greg.
on s'y croirait... mais en réalité, j'ai tout inventé. c'était pas moi. j'avais envoyé mon fils (pas le joueur de tennis bien sûr).
j'ai vu que vous avez bien roulé sur les 20 derniers, chapeau à vous deux parce que rien que de penser s'aligner sur 55 bornes, j'en ai des crampes d'estomac !
sinon, c'était quoi vos chansons de cloclo ?

Greg 17/06/2014 09:57

J'en profite pour ajouter que le VTT est un sport mécanique et que, de ce fait, la casse mécanique fait partie du sport.
En d'autres termes... SEB, TU AS POURRI DAVID, OLIVE ET CYRIL!!!!
Congrats!